Rhinoseptoplastie: corriger la cloison et la forme du nez en une seule opération
Vous avez le nez bouché d’un côté en permanence, et en plus sa forme vous gêne : il est dévié, bossu ou tordu depuis un choc ? La rhinoseptoplastie, qu’on écrit aussi septo-rhinoplastie ou septorhinoplastie, traite les deux problèmes pendant la même intervention. Le chirurgien redresse la cloison nasale pour que l’air passe mieux, et il remodèle l’extérieur du nez.
Qu’est-ce qu’une rhinoseptoplastie ?
Le mot associe deux opérations. La septoplastie corrige la cloison nasale (le septum), la paroi d’os et de cartilage qui sépare les deux narines. La rhinoplastie modifie la forme extérieure du nez. La rhinoseptoplastie réunit les deux gestes sous une seule anesthésie, avec une seule convalescence.
La cloison et la forme du nez sont liées : le cartilage de la cloison soutient l’arête et la pointe. Un nez tordu à l’extérieur cache souvent une cloison déviée à l’intérieur. Dans ce cas, redresser uniquement la cloison ne suffit pas, et redresser uniquement l’extérieur non plus : le nez aurait tendance à se dévier de nouveau.
Septoplastie ou rhinoseptoplastie : quelle différence ?
La septoplastie seule est une opération purement fonctionnelle. Elle se fait par l’intérieur des narines, dure environ une heure et ne change pas l’apparence du nez. Elle suffit quand la cloison est déviée dans sa partie profonde et que le nez est droit à l’extérieur.
La rhinoseptoplastie devient nécessaire quand :
- le nez est dévié à l’extérieur, souvent après une fracture ;
- la déviation touche l’avant de la cloison, la partie qui soutient la pointe ;
- les ailes du nez se collent à l’inspiration, ce qu’on appelle une insuffisance valvulaire ;
- vous souhaitez aussi corriger une bosse, la pointe ou la largeur du nez.
On parle de rhinoseptoplastie fonctionnelle quand l’objectif premier est de mieux respirer, et de rhinoseptoplastie mixte quand on y ajoute une demande esthétique. Cette distinction compte pour le remboursement, on y revient plus bas.
Comment savoir si l’on a une déviation de la cloison nasale ?
Presque tout le monde a une cloison un peu déviée, et ce n’est pas un problème en soi. Elle mérite d’être opérée quand elle vous gêne au quotidien. Les signes les plus fréquents :
- un nez bouché, souvent toujours du même côté ;
- une respiration par la bouche, surtout la nuit, avec un ronflement ;
- un sommeil de mauvaise qualité et une bouche sèche au réveil ;
- des sinusites à répétition ou des saignements de nez ;
- un essoufflement rapide à l’effort.
Le diagnostic se fait en consultation. Le chirurgien regarde l’intérieur du nez avec un endoscope, une petite caméra. Il peut compléter par un scanner des sinus ou une rhinomanométrie, qui mesure le passage de l’air. Il vérifie aussi que le nez bouché ne vient pas d’autre chose, comme une rhinite allergique ou des cornets trop gros. Ces derniers peuvent être réduits pendant la même opération (turbinoplastie).
Comment se déroule une rhinoseptoplastie ?
L’intervention se fait sous anesthésie générale et dure entre une heure et demie et trois heures. Elle se fait en ambulatoire ou avec une nuit en clinique.
Le chirurgien commence par la cloison : il retire ou repositionne les parties déviées d’os et de cartilage. Il garde le cartilage retiré, car il peut s’en servir comme greffe pour soutenir la pointe ou redresser l’arête. Il remodèle ensuite l’extérieur du nez : fracture contrôlée des os pour redresser une pyramide déviée, retrait d’une bosse, travail sur la pointe. Selon les cas, il passe par voie fermée, sans cicatrice visible, ou par voie ouverte, avec une petite incision sous la columelle. Les os peuvent être sculptés avec des instruments classiques ou par rhinoplastie ultrasonique, plus précise et moins traumatisante pour les tissus.
En fin d’opération, il place des attelles souples en silicone à l’intérieur du nez pour maintenir la cloison, parfois des mèches, et un plâtre ou une attelle sur le nez.
Rhinoseptoplastie : est-ce douloureux ?
La douleur est modérée et se calme bien avec du paracétamol. Ce que les patients trouvent le plus pénible, c’est le nez complètement bouché les premiers jours, qui oblige à respirer par la bouche. Le retrait des mèches, quand il y en a, est désagréable mais bref. Évitez l’aspirine et les anti-inflammatoires, qui augmentent le risque de saignement.
Suites post-opératoires et convalescence
Voici les étapes habituelles après une rhinoseptoplastie :
- 48 premières heures : nez bouché, léger écoulement de sang, gonflement et bleus autour des yeux à leur maximum ;
- entre le 2e et le 10e jour : retrait des mèches, puis des attelles intranasales et du plâtre, en général vers le 7e jour ;
- 10 à 15 jours : fin des bleus, retour au travail et à une vie sociale normale. Un arrêt de travail est prescrit pour la partie fonctionnelle ;
- un mois : reprise du sport sans contact ;
- trois mois : reprise des sports de contact, respiration nettement meilleure ;
- un an : résultat esthétique définitif, le temps que la pointe dégonfle.
Comment dormir après une rhinoseptoplastie ?
Dormez sur le dos, la tête surélevée par deux oreillers, pendant au moins une semaine. Cette position limite le gonflement et les saignements. Un humidificateur dans la chambre aide à supporter la respiration par la bouche.
Quand peut-on se moucher ?
Pas avant 10 à 15 jours, selon la consigne de votre chirurgien. Se moucher trop tôt peut faire saigner ou déplacer la cloison. Si vous devez éternuer, faites-le la bouche ouverte pour ne pas mettre de pression dans le nez.
Comment nettoyer son nez après l’opération ?
Le chirurgien prescrit des lavages au sérum physiologique ou à l’eau de mer, plusieurs fois par jour. Ils ramollissent et évacuent les croûtes qui se forment dans le nez pendant la cicatrisation. Ne grattez pas l’intérieur du nez et n’y introduisez pas de coton-tige.
Quand respire-t-on mieux ?
Pas tout de suite, ce qui surprend beaucoup de patients. Tant que les attelles sont en place et que les muqueuses sont gonflées, le nez reste bouché. La respiration s’améliore après le retrait des attelles, puis progressivement pendant un à trois mois, à mesure que les croûtes disparaissent.
Les risques de la rhinoseptoplastie
Les complications sont rares mais existent : saignement ou hématome de la cloison, infection, perforation de la cloison, adhérences à l’intérieur du nez, baisse passagère de l’odorat, légère asymétrie. Il arrive aussi que la respiration ne s’améliore pas autant qu’espéré, ou que la cloison se déforme de nouveau avec le temps.
Rhinoseptoplastie ratée : que faire ?
Un nez encore gonflé ou légèrement asymétrique dans les premières semaines est normal. On ne juge un résultat qu’à un an. Si le nez reste dévié, bouché ou ne vous convient pas après ce délai, une reprise est possible. C’est une rhinoplastie secondaire, plus délicate que la première opération, à confier à un chirurgien qui en fait régulièrement. Selon les études, environ 5 à 10 % des patients ont besoin d’une retouche.
Rhinoseptoplastie : prise en charge et remboursement
La partie fonctionnelle de l’intervention, la correction de la cloison, peut être prise en charge par l’Assurance Maladie quand la gêne respiratoire est démontrée. Pour une rhinoseptoplastie, le chirurgien envoie une demande d’accord préalable à votre caisse, avec son compte rendu d’examen. L’Assurance Maladie peut alors :
- prendre en charge l’ensemble de l’intervention, quand la déformation externe fait partie du problème fonctionnel (nez dévié après une fracture, par exemple) ;
- ne prendre en charge que la partie fonctionnelle, quand le geste externe est jugé esthétique. La partie esthétique fait alors l’objet d’un devis séparé, à votre charge.
Même avec une prise en charge, les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste restent à payer. Votre mutuelle les rembourse en partie ou en totalité selon votre contrat : demandez-lui une estimation à partir du devis avant l’opération.
Quel est le prix d’une rhinoseptoplastie à Paris ?
Les tarifs varient selon la complexité et le chirurgien. À titre indicatif à Paris :
- septoplastie seule prise en charge : dépassements d’honoraires de l’ordre de 1 500 à 3 500 euros ;
- rhinoseptoplastie avec accord préalable : reste à charge avant mutuelle souvent compris entre 3 000 et 5 000 euros ;
- rhinoseptoplastie sans prise en charge : entre 5 000 et 9 000 euros, comme une rhinoplastie esthétique complexe.
Le devis vous est remis en consultation. Pour la partie esthétique, un délai de réflexion de 15 jours est obligatoire avant l’intervention.
Avant / après : ce qu’il faut regarder
Les photos avant / après sont utiles pour juger le travail d’un chirurgien, à condition de savoir quoi regarder. Demandez des photos de nez proches du vôtre, prises de face, de profil et par en dessous, avec le même éclairage. Sur un nez dévié, regardez surtout la vue de face : l’arête doit être droite du front à la pointe. Et n’oubliez pas que le vrai bénéfice d’une rhinoseptoplastie, mieux respirer, ne se voit pas sur une photo : demandez aussi au chirurgien comment il évalue le résultat fonctionnel.
Trouver un chirurgien pour une rhinoseptoplastie à Paris
La rhinoseptoplastie se situe entre deux spécialités. Elle est pratiquée par des chirurgiens ORL spécialisés en chirurgie de la face, très à l’aise avec la partie fonctionnelle, et par des chirurgiens plasticiens formés à la chirurgie du nez. L’essentiel est de choisir un praticien qui maîtrise les deux aspects et en réalise régulièrement. Vous trouverez d’autres réponses dans notre FAQ sur la rhinoplastie.
Pour être orienté gratuitement vers un chirurgien spécialisé en rhinoseptoplastie à Paris, décrivez-nous votre situation : gêne respiratoire, forme du nez, antécédent de choc. Nous vous proposons des consultations adaptées à votre cas.
